La coopérative : notre histoire

Créée en 1942, à l’époque ou l’activité salicole était encore florissante, la coopérative a géré le déclin de l’activité avec au fil du temps, une baisse de la rémunération des sauniers qui allait entraîner la disparition de la profession.
Les sauniers de la coopérative vous ouvrent leurs portes pour vous conter plus de 1300 ans d’histoire du sel.

Des écrits du VIIème siècle qui nous sont parvenus des moines de la région, nous apprennent que les marais salants de l’île de Noirmoutier sont les plus vieux de la côte atlantique française. Le sel est produit sur l’île depuis l’époque Gallo-Romaine. Plus tard, au moyen âge, des bateaux affrétés du nord de l’Europe viendront s’approvisionner à Noirmoutier. L’industrialisation des Salins du midi et de l’Est  de la France, à la fin du XIXème  et au début du XXème  siècle, a failli faire sombrer dans l’oubli cette culture artisanale. A Noirmoutier, les gestes des sauniers, c’est ainsi que l’on nomme les producteurs de sel, n’ont pas changé depuis des siècles. Depuis 1 500 ans, les sauniers assurent la récolte du sel de l’île de Noirmoutier. La récolte est un travail entièrement artisanal et naturel où les seuls intervenants sont la mer, le soleil, l’homme et le vent. Aujourd’hui une centaine de producteurs se trouvent sur l’île et utilisent les méthodes de récolte dans le pur respect des traditions.

Quelques dates clés

A sa création en 1942, la Coopérative de sel de Noirmoutier comptait 650 sauniers, avec 14 000 œillets pour un volume de 18 000 tonnes de sel.
Avec l’arrivée du système de réfrigération, les besoins en sel diminuent fortement. Aujourd’hui plus de 3000 œillets sont exploités par une centaine de sauniers, pour une production annuelle de près de 3000 tonnes de sel et 150 tonnes de fleur de sel.

De 1970 à  1990

De 1970 à 1980, il ne reste plus environ qu’une vingtaine de sauniers adhérents producteurs à la coopérative de sel.

Dans les années 1980, alors qu’il ne subsistait que 500 œillets et 34 sauniers âgés de plus de 50 ans, le mouvement s’inverse lentement, sous l’impulsion de jeunes producteurs afin de redonner au sel de Noirmoutier ses titres de noblesse.

En 1990, la coopérative de sel est associée avec le groupe EURIAL et sa filiale AQUASEL pour promouvoir le sel de Noirmoutier en tant que produit d’image haut de gamme. L’action conjuguée d’Eurial au travers de sa filale Aquasel et des Sauniers de la Coopérative a permis de relancer fortement cette activité sur l’île de Noirmoutier : en 1990 on comptait 500 oeillets exploités par une vingtaine de sauniers.

De 2013 à aujourd’hui

Depuis 2013, les sauniers producteurs de l’île de Noirmoutier ont repris les rennes de la coopérative de sel : la coopérative des producteurs de sel de Noirmoutier et Eurial annoncent l’accord de cession d’Aquasel à la coopérative.

Cette acquisition par le Coopérative est l’aboutissement d’un projet porté de longue date par les producteurs de sel de Noirmoutier, qui souhaitent être impliqués dans leur filière de la production de sel à la commercialisation des produits finis.

L’activité d’Aquasel et ses équipes, en matière de promotion, conditionnement et commercialisation du sel de Noirmoutier se poursuit avec le même dynamisme.

Depuis 2019

En juillet 2019 a eu lieu la fusion de la société Aquasel vers la coopérative de sel de Noirmoutier qui devient La Coopérative des Producteurs de Sel de l’Ouest – section Noirmoutier.

 

Le paysage de Noirmoutier est façonné, depuis plusieurs siècles, par les marais salants et les sauniers

Autrefois, l’or blanc était l’atout économique majeur de l’île. La production de sel par évaporation dans les aires salantes est une activité ancienne sur le littoral atlantique, attestée depuis les VIème et VIIème siècles, elle remonte sans doute à l’empire romain. Une grande partie des salines appartenaient à différents monastères répartis dans tout l’ouest.

L’Âge du Bronze (de 220 à 800 avant notre ère,) et l’Age du Fer (de 800 avant notre ère)

Ces époques indiquent une période-clé dans l’histoire du sel. Les nombreux vestiges de briquetages découverts un peu partout en Europe et dans le monde attestent de la vigueur de cette activité.

« De nombreux sites d’exploitation de sel ont été mis au jour le long du littoral atlantique. A l’âge du Fer, le sel est extrait par évaporation de l’eau salée dans des récipients en argile cuite (augets) disposés sur des fourneaux. Les augets contenant la saumure sont maintenus en suspension au-dessus d’une source de chaleur, grâce à des pilettes en argile. Une « cuisson » pouvait durer au moins 24 heures, au terme de laquelle les blocs de sel étaient extraits en fracturant les augets. Ce type de production est attesté sur toute la côte atlantique. »

 

Pendant les VIIème et surtout VIIIème siècles, les Philbertins furent les maîtres incontestables de la production et de la vente du sel. Après 1100, le port de Noirmoutier commence à prendre de l’essor, puis, c’est vers le  XIIIème siècle qu’une profonde mutation s’opère dans le transport du sel due à une forte progression démographique avec l’intensification des échanges et l’augmentation de certains produits de consommation, dont le sel. L’exploitation des salines connaît à partir du bas Moyen-Age une expansion considérable.

Des écrits du VIIème siècle qui nous sont parvenus des moines de la région, nous apprennent que les marais salants de l’île de Noirmoutier sont les plus vieux de la côte atlantique française. Le sel est produit sur l’île depuis l’époque Gallo-Romaine. Plus tard, au moyen âge, des bateaux affrétés du nord de l’Europe viendront s’approvisionner à Noirmoutier. L’industrialisation des Salins du midi et de l’Est  de la France, à la fin du XIXème  et au début du XXème  siècle, a failli faire sombrer dans l’oubli cette culture artisanale.

Epoque Gallo-Romaine

A l’époque Gallo-Romaine, les échanges commerciaux s’intensifient, favorisés par une organisation unifiée du territoire qui s’appuie notamment sur l’amélioration du réseau routier en Gaule et le développement des transports maritimes. En ce qui concerne l’exploitation du sel, la technique des briquetages est progressivement abandonnée sous la domination romaine, au profit de la mise en œuvre et du développement des marais salants. Le sel devient un symbole de richesse pour les sociétés qui en font l’exploitation et il fait l’objet de commerce et d’échanges sur de longues distances. Utilisé entre autres pour la conservation des aliments, le sel entre dans différentes productions liées à l’alimentation, notamment les salaisons.

Radeur à sel (Officier des gabelles, dont la fonction consistait à mesurer le sel en le rasant sur le minot)

Moyen-Age

« Au Moyen-Âge, le commerce du sel a joué un rôle majeur dans l’organisation de l’espace maritime atlantique. Pondéreux et de faible valeur intrinsèque, il est néanmoins un produit indispensable à la vie des hommes. Jusqu’à l’invention de la conserve, il est le seul véritable agent de conservation de la viande, des poissons, éventuellement des légumes et du fourrage. Les moines installés sur l’île comprirent très vite la valeur du sel. Ils  entreprirent non seulement de creuser de nombreuses salines mais d’en faire du négoce.  L’île de Noirmoutier accueillait des navires anglais, irlandais, bretons, devenant très vite de par le rayonnement de son abbaye et sa situation géographique, une base du commerce de sel à longue distance… « 

17ème et 18ème siècles

Au XVIIIème siècle, l’île de Noirmoutier demeure et reste un des plus grand site de production de sel marin et le commerce  du sel y est florissant puisqu’un tiers de l’île est consacré à l’exploitation des marais salants. On y compte 25 marchands ce qui fait de Noirmoutier l’un des greniers à sel le plus important de l’Europe.

En 1866 Noirmoutier est un port important. Il a reçu 654 navires et en a expédié 645 (principalement dû aux expéditions de sel) en 1865 et 1866 les sels marins ont donné lieu à une expédition de 140 000 kg. Ces exportations sous pavillon Français sont toutes à destination de l’Angleterre. Sans compter le cabotage en mer du nord, Bretagne et vers  Bordeaux, Libourne…  qui achemine aussi du sel.

L’Epoque Contemporaine

L’Époque Contemporaine voit le déclin et la relance du sel sur l’Île de Noirmoutier. Au  milieu du XXème siècle les marais salants furent régulièrement abandonnés. On en compte encore 12 000 dans les années 1940, 8000 en 1960, 1744 en 1976 et 800 en 1987. Ce déclin peut-être dû à différents facteurs comme le faible prix du sel et surtout la concurrence des grands Salins du Midi. Afin de soustraire le saunier aux négociants, une coopérative fut créée en 1942 (la Coopérative des Producteurs de Sel de Noirmoutier). En 1981 il ne restait plus que 20 sauniers (âgés de plus de 50 ans), puis 28 en 1987 et 32 en 1991. En 1981 le SMAM (Syndicat Mixte d’Aménagement des Marais a été créé afin de préserver la zone de marais de toute spéculation foncière et de la réserver à l’agriculture, la saliculture et l’aquaculture. En 2015 on compte plus d’une centaine de producteurs exploitant 2500 œillets.